Programme national nutrition santé : l’obésité est en recul chez les jeunes

Le pourcentage de jeunes atteints d'obésité ou de surpoids est passé de 18% à 16% entre 2000 et 2007. Ce bon résultat a été présenté le 6 mai par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot à l'occasion du bilan du Programme national nutrition santé (PNNS). Autres points positifs : les Français mangent plus de fruits et légumes, consomment moins de sucre et pratiquent plus d'activité physique.

Le Programme national nutrition santé (PNNS) a porté ses fruits : "entre 2000 et 2007, le surpoids et l'obésité chez l'enfant sont passés de 18% à 16%", s'est félicitée la ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui a réuni la presse le jeudi 6 mai pour présenter le bilan du Programme national nutrition santé (PNNS).

Autres points de satisfaction, "le nombre d'adultes consommant cinq fruits et légumes par jour a augmenté de 16% et la consommation de sucre a diminué de 10%", a-t-elle fait valoir en citant une étude de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Cette amélioration des comportements alimentaires s'accompagne d'une augmentation de l'activité physique : près de deux Français sur trois (63,2%) pratiquent au moins 30 minutes d'activité physique modérée au moins 5 jours par semaine.

Le premier Programme national nutrition santé a été lancé en 2001 avec pour principaux objectifs d'améliorer l'information des Français sur la nutrition et de mieux prévenir les risques d'obésité. Il a été suivi d'un deuxième plan – couvrant la période 2006-2010 – axé sur la promotion de la consommation de fruits et légumes et de l'activité physique.

Santé et plaisir
Selon le Pr Serge Hercberg, directeur de recherche à l'Inserm et investigateur principal de l'étude NutriNet-Santé, la force du PNNS a été de dire que "l'acte alimentaire doit rester un plaisir qui ne s'oppose pas à la santé". Pour autant, "tout n'est pas parfait, tempère-t-il. Il faut amplifier les actions menées auprès de certaines populations, notamment les plus démunies."

Autre piste d'amélioration : faire adhérer l'industrie alimentaire à la charte d'engagement nutritionnel. Aujourd'hui, seules 18 entreprises l'ont signé. Pour rappel, les entreprises s'engagent, au travers de cette charte, à mieux équilibrer leurs produits en diminuant par exemple les doses de sucre, de sel et de gras. Selon une évaluation de l'Observatoire de la qualité alimentaire (Oqali) qui a porté sur les 15 premiers signataires, la charte a permis une réduction des sucres dans les produits industriels de 9.000 tonnes par an et d'environ 4.300 tonnes pour les lipides.

Quid de l'après PNNS ? Pour la ministre de la Santé, l'heure était clairement au bilan. Aucune nouvelle mesure n'a été présentée. Roselyne Bachelot a cependant évoqué les pistes de travail pour les années à venir : ciblage des populations défavorisées, renforcement de la prise en charge des personnes obèses au travers de centres pluridisciplinaires, lutte contre la sédentarité et contre la dénutrition des personnes âgées. Il y aura, dans les prochaines semaines, "des mesures fortes dans ces domaines", s'est-elle engagée.

Philippe Rémond