Médicaments : une base de données publique lancée sur Internet

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé le mardi 1er octobre une base de données publique des médicaments sur Internet. Objectif : fournir des informations "fiables" et "transparentes" sur plus de 22.000 médicaments disponibles sur ordonnance ou en automédication. Cet outil constitue une première étape à la création d’un service public d’information en santé, "probablement au printemps 2014".

"Le pari de l’information et de la transparence" ! En réponse aux différentes crises qu’a connues le secteur du médicament et aux doutes croissants des usagers, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé le mardi 1er octobre une base de données publique des médicaments. Accessible sur Internet à l’adresse www.medicaments.gouv.fr, cet outil constitue une première étape à la mise en place d’un service public d’information en santé, disponible "probablement au printemps 2014", a indiqué Marisol Touraine lors d’une conférence de presse.

"Il me paraît absolument nécessaire que nos concitoyens et l’ensemble des professionnels de santé aient accès à l’ensemble des données fiables, transparentes et facilement accessibles", a-t-elle précisé. L’internaute pourra découvrir des informations générales sur la réglementation, les différents types de médicaments (pédiatriques, orphelins, homéopathiques…), le circuit du médicament (mise sur le marché, vente en ligne…) mais aussi sur la surveillance. Il sera possible de déclarer un effet indésirable sur ce site afin d’améliorer les signalements. Deux onglets sont consacrés aux génériques et au bon usage du médicament.

La base de données permet à l’internaute de rechercher un médicament par son nom ou l’une de ses substances actives. Le résultat de la recherche regroupera à la fois les informations scientifiques et administratives du produit en question.

"On y trouvera les caractéristiques du médicament, son autorisation de mise sur le marché (AMM), ses indications et contre-indications, sa posologie, sa notice, les avis rendus par la commission de la transparence sur son utilité, c’est-à-dire son service médical rendu (SMR) ou l’amélioration de son service rendu (ASMR), son prix, l’information consistant à savoir si le médicament est ou n’est pas remboursé par l’assurance maladie, et s’il l’est, à quel taux", énumère la ministre de la Santé. "On pourra vérifier s’il existe des génériques" et découvrir les "éventuelles alertes qui auront été prononcées", ajoute-t-elle.

Des pictogrammes explicites
Des pictogrammes explicites facilitent la compréhension de l’internaute. Par exemple, les médicaments ayant fait l’objet d’une alerte sont signalés par un triangle rouge et ceux qui sont placés sous surveillance renforcée sont associés au triangle noir instauré depuis début septembre sur leur notice.

D’autres pictogrammes, qui comportent des informations lorsque l’on clique dessus, sont également prévus pour aider l’internaute : une carte Vitale signifie que le produit est remboursé par la Sécurité sociale, un coin d’ordonnance indique que le médicament est disponible sur prescription et la lettre "G" qu’il appartient à un groupe de génériques.

Au total, cette base de données regroupe "un peu plus de 22.000 références de médicaments commercialisés ou en arrêt de commercialisation depuis moins de deux ans", explique François Hebert, directeur général adjoint chargé des opérations à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

"Cela concerne aussi bien les médicaments à prescription obligatoire que les médicaments à prescription facultative", précise-t-il. Seuls les produits bénéficiant d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) ne sont pas répertoriés dans la base. Dans un premier temps, les informations seront mises à jour une fois par mois, sauf pour les alertes qui seront indiquées en temps réel.

Pour la ministre de la Santé, cet outil est amené à évoluer au fil du temps, notamment en fonction des retours des utilisateurs. Une recherche par nom de pathologie pourrait ainsi voir le jour. Autre exemple : obligatoires à compter du 1er octobre, les déclarations de liens d’intérêts entre professionnels de santé et industriels devraient, à terme, figurer sur le portail d’information en santé.

Paula Ferreira