Le groupe MGEN et Harmonie mutuelle officialisent leur rapprochement

Joseph Deniaud, président d’Harmonie mutuelle, et Thierry Beaudet, président du groupe MGEN.

Le groupe MGEN et Harmonie mutuelle ont signé le 12 janvier une lettre d’intention officialisant "rapprochement structurant" entre les deux mutuelles. Les discussions exclusives qui s’engagent devraient aboutir à la création, fin 2015 ou début 2016, d’un puissant groupe mutualiste de protection sociale".

Une analyse commune de l’environnement et des complémentarités évidentes. Telles sont les raisons mises en avant le 12 janvier, à Paris, par le groupe MGEN et Harmonie mutuelle pour officialiser un "rapprochement structurant" entre leurs deux entités.

Les deux poids lourds mutualistes ont en effet signé ce lundi une lettre d’intention donnant le coup d’envoi d’une période de "discussions exclusives" qui devrait se dérouler "dans la discrétion" au cours des six prochains mois.

L’objectif est de construire, "pour un meilleur service aux adhérents, un puissant groupe mutualiste de protection sociale portant une stratégie commune", indique ce document. Il s’agira d’une "organisation commune" au sein de laquelle "ils occuperont une place égale".

Les deux groupements piloteront seuls ces discussions visant à "arrêter les contours et les modalités de constitution du futur groupe", mais ils entendent associer à leur projet les mutuelles partenaires de leurs unions respectives : l’union mutualiste de groupe (UMG) Groupe Harmonie, pour Harmonie mutuelle, et l’UMG Istya pour la MGEN.

Quelle est l’origine de cette nouvelle alliance ?

"Nous partageons la même vision de l’évolution de notre environnement, détaille Joseph Deniaud, président d’Harmonie mutuelle : une augmentation des coûts de la santé, une place de payeur aveugle pour les complémentaires qui ne savent pas ce qu’elles remboursent, un cadre d’intervention de plus en plus normé sur fond d’obligations nouvelles, de pression sur les tarifs, le tout dans un marché fortement dérégulé au sein duquel les coûts d’acquisition sont de plus en plus pesants".

Le durcissement des règles prudentielles et des exigences en matière de maîtrise des risques et de la gouvernance complexifie également la donne.

Au-delà de ce constat, les deux mutuelles partagent une inquiétude commune sur la hausse du reste à charge pour les adhérents, une "difficulté croissante" à leurs yeux. "Alors que l’on veut nous reléguer à ce rôle de payeur aveugle chargé de solvabiliser le désengagement du régime obligatoire, l’enjeu n’est pas uniquement le remboursement, insiste Thierry Beaudet, président du groupe MGEN, mais le reste à charge, le conseil, l’orientation de l’adhérent dans le système de santé, son accès à la prévention collective et personnalisée et l’organisation de son parcours de santé".

Développer le conventionnement

Dans ce contexte, poursuit Joseph Deniaud, "nous considérons que nous avons de grands atouts pour être actifs dans le système de soins, pour peser sur les tarifs mais aussi sur la qualité de la prestation et de la relation avec les professionnels de santé". Sur ce point, les deux entités comptent développer avec ces derniers un "dialogue fertile".

Au titre des "évidentes similitudes", Thierry Beaudet fait ainsi valoir les conventionnements que les deux mutuelles ont déjà mis en place avec les professionnels de santé dans le domaine de l’optique, de l’audioprothèse ou en­core des soins dentaires. "Nous sommes les deux mutuelles qui ont noué le plus de relations avec ces professionnels, et nous voulons les enrichir et développer de nouveaux réseaux", annonce-t-il.

Autres atouts non négligeables mis en avant par les deux acteurs : une solidité économique incontestable, leur appartenance au mouvement mutualiste et plus largement à l’économie sociale et solidaire (ESS), et une implication multiforme dans la complémentaire santé, la gestion du régime obligatoire, la prévoyance et les services de soins et d’accompagnement mutualistes (Ssam). Autant de caractéristiques qui représentent pour eux "une force de frappe importante sur le territoire", selon les termes de Joseph Deniaud.

Le futur groupe pourra également compter sur la complémentarité de la MGEN et d’Harmonie mutuelle en termes de populations couvertes : la Fonction publique pour l’une, le monde des entreprises et des travailleurs indépendants pour l’autre. Une palette qui leur offre la possibilité de s’adresser à l’ensemble de la population sous toutes les formes qui existent, de l’adhésion individuelle aux contrats collectifs.

« Ce pourrait être une UMG »

Chacune des deux mutuelles - Le groupe MGEN et Harmonie mutuelle- conservera son existence propre et son identité, précise la lettre d’intention. A ce stade, les signataires n’ont pas encore arrêté la forme juridique de la nouvelle entité, qui devrait être sur pieds fin 2015, début 2016. "Une chose est sûre, commente Thierry Beaudet. Le véhicule juridique doit être au service de la stratégie de notre projet. La lettre que nous signons aujourd’hui n’est pas un partenariat mou, mais une véritable alliance stratégique. Nous nous doterons donc d’outils permettant de matérialiser cette alliance. Ce pourrait être une UMG."

Ce sujet fera partie de la liste des chantiers qui s’ouvrent aujourd’hui. L’ambition n’est pas mince pour ces deux "acteurs globaux de santé", qui entendent participer "dans une logique de solidarité croissante" à "une refondation du métier d’assureur santé et plus largement d’assureur de personnes". Retrouver les sites Internet de la MGEN et de Harmonie mutuelle

Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)