Electrocardiogramme, holter, échographie cardiaque : trois examens simples du coeur

Des palpitations, des troubles du rythme cardiaque, une douleur thoracique ? Le cardiologue dispose de trois examens simples pour explorer le coeur : l'électrocardiogramme, le holter et l'échographie. Ces explorations sont indolores et ne nécessitent aucune précaution particulière. Elles peuvent être complétées par des tests d'effort.

Le coeur est une machine complexe. Chaque minute, il s’anime 60 à 80 fois et pompe 4,5 à 5 litres de sang. Mais cette belle mécanique présente parfois des dysfonctionnements.

"Au printemps dernier, alors que je flânais dans les rues de mon quartier, mon coeur s’est emballé, raconte Patricia, 41 ans, femme au foyer à Fontenay-aux-Roses, dans les Hauts-de-Seine. Il s’est mis à battre très rapidement. C’était comme si j’avais couru à perdre haleine alors que je marchais tranquillement".

Sans céder à la panique, Patricia ralentit le pas et essaie de respirer calmement. "Mon coeur s’est peu à peu calmé et tout est rentré dans l’ordre. La crise n’a pas duré longtemps mais j’ai eu très peur", se souvient-elle. Le lendemain, elle consulte son médecin traitant qui lui conseille de prendre rendez-vous chez un cardiologue.

Un questionnaire approfondi

Lors de la consultation chez le cardiologue, les troubles de Patricia avaient disparu. "C'est souvent le cas, explique le Pr Ariel Cohen, chef du service de cardiologie de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. En dehors de la crise, le questionnaire médical est donc essentiel au diagnostic", précise-t-il.

Le spécialiste du coeur se renseigne sur les éventuels facteurs de risque : tabagisme, surpoids, hypertension artérielle, diabète, sédentarité. Il fait le point sur les antécédents personnels et familiaux, les traitements en cours et analyse le contexte de la crise : effort ou repos, début et fin brusques ou progressifs, durée, sueur, malaise, perte de connaissance, etc.

"Ces éléments permettent de se faire une idée sur l’ancienneté, la cause éventuelle et la sévérité du trouble cardio-vasculaire, atteste le Pr Cohen. La mesure du pouls, de la tension artérielle et l'auscultation cardiaque complètent l'examen clinique."

De nombreux examens complémentaires

Quelques mois plus tard, la jeune femme vit une succession de nouvelles crises. "Ces épisodes m’ont terriblement angoissée. Le cardiologue m’a fait passer un électrocardiogramme (ECG) qui était parfaitement normal." Le cas de Patricia est courant : l’ECG présente souvent un rythme normal entre deux crises.

Dans ce cas, le cardiologue fait passer un holter : il s'agit d'un enregistrement continu pendant un jour ou deux. "Je demande aussi fréquemment un bilan sanguin, précise le Pr Cohen. En effet, un déficit en fer, en magnésium, en potassium ou en calcium ou encore un trouble de la thyroïde peut retentir sur le coeur."

Dans la pratique, le cardiologue dispose d'une batterie d'examens complémentaires pour évaluer la fonction cardiaque. Certains sont simples comme l’enregistrement de la pression artérielle sur 24 heures ou encore l’échographie cardiaque : ils ne nécessitent aucune modification des habitudes de vie.

Mais des précautions s'imposent pour des examens plus complexes : arrêt de certains médicaments 48 heures à l’avance, surveillance médicalisée. C’est notamment le cas des investigations destinées à vérifier l’apport d'oxygène dans le muscle cardiaque comme l’électrocardiogramme et l’échographie d’effort ou de stress.

Ces tests d'effort fonctionnent sur le même principe : ils permettent l'enregistrement d'un signal électrique ou visuel pendant que le patient fait du vélo ou marche sur un tapis roulant. L’échographie de stress nécessite, quant à elle, une perfusion de dobutamine, un médicament qui vise à reproduire les conditions de l’effort.

"L’objectif de ces examens est de dépister un rétrécissement des artères du coeur, d’évaluer le rythme cardiaque à l’effort et de rechercher certaines anomalies" souligne le Pr Cohen. Il existe d'autres techniques plus sophistiquées telles que l'imagerie par résonance magnétique (IRM) ou la scintigraphie myocardique qui viennent, le cas échéant, compléter ces explorations de base.

Emmanuelle Billon-Bernheim