Déserts médicaux : les hôpitaux proposent de remplacer les médecins libéraux

A trois mois de la présidentielle, la Fédération hospitalière de France (FHF), porte-voix de l'hôpital public, a présenté hier une consistante plateforme de propositions destinée aux candidats. Pour apporter une solution au problème de la désertification médicale en milieu rural ou dans certaines banlieues, la FHF propose que des médecins hospitaliers prennent en charge des cabinets fermés par des confrères libéraux, ou se déplacent au domicile des patients.

"En cas de carence constatée", la Fédération hospitalière de France suggère que les hôpitaux publics soient "autorisés à organiser au sein du territoire le maintien d'une offre de soins ambulatoires", rapportent Les Echos (page 4). En clair, elle propose d'assumer les missions que les médecins libéraux ne remplissent plus, comme la permanence des soins, "pour éviter l'engorgement des urgences", précise Gérard Vincent, son délégué général (L'Humanité, page 6). "Le tout financé sur l'enveloppe de la Sécu destinée à la médecine de ville !", s'étonne Le Figaro-économie (page 20). "C'est une ingérence totalement insupportable et incompréhensible, s'indigne le Dr Michel Chassang, président de la CSMF. Ce qu'il faut, c'est diminuer l'enveloppe hospitalière et non l'inverse."

Autre revendication de la FHF : l'arrêt de la convergence tarifaire avec les cliniques privées, une "ineptie", selon Gérard Vincent, pour qui "on ne peut comparer que ce qui est comparable", le service public assumant des charges et des missions qui n'incombent pas au privé, note L'Humanité.

Elle demande également une évolution de la tarification à l'activité (T2A), qui "ne peut plus servir de socle de financement", rapportent Les Echos. Selon la Fédération hospitalière de France, la T2A est "inflationniste", car elle incite à multiplier les actes pas toujours pertinents, et elle n'est "plus adaptée aux exigences de santé publique : prise en charge des malades chroniques, des précaires, des personnes dépendantes…"

Cades : une dette de 143 milliards d'euros
La Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades) prévoit d'emprunter 40 milliards d'euros cette année, dont 12 à 20 milliards d'euros d'obligations à moyen et long termes, qui seront complétées par des opérations de financement à court terme, rapportent Les Echos (page 3). Fin 2011, la Cades avait amorti 59,3 milliards d'euros de dettes, soit 3 points de PIB, sur les 202,4 milliards de dette repris depuis 1996.

La dette s'établit donc à 143,1 milliards d'euros, soit 8,5% de la dette publique française, précise La Tribune (page 14), et plus qu'une année de dépenses d'assurance maladie du régime général. La réforme des retraites a prévu que les déficits futurs de l'assurance-vieillesse seraient transférés progressivement, soit un maximum de 62 milliards supplémentaires entre 2012 et 2018. Auxquels risquent de s'ajouter les déficits de l'assurance maladie. "Nous disposons d'un mécanisme sain de destruction de dette", affirme Patrice Ract Madoux, cité dans Les Echos. Le président de la Cades propose de le renforcer par "une règle d'or simple et consensuelle qui pourrait être décidée tout de suite : l'obligation de voter le budget de la Sécurité sociale en équilibre".
John Sutton