Autonomie des personnes âgées : rendez-vous en 2012

La réforme de la dépendance, qui devait être amorcée dès cet automne, a été sacrifiée sur l’autel de la réduction des déficits publics. Le magazine Mut’écho consacre son premier numéro de l’année à cette "réforme oubliée". Dans la perspective des élections de 2012, le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, invite les politiques à dépasser la seule question du financement.

La dépendance des personnes âgées, en particulier à son stade ultime, représente un coût très lourd pour les familles : 10 milliards d’euros environ, avec des restes à charge qui avoisinent en moyenne 1 500 euros par mois pour une personne en institution. A titre de comparaison, les dépenses totales effectuées au titre de l’allocation personnalisée d’autonomie (Apa) avoisinent les 5 milliards, soit deux fois moins, selon la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie).

Mais la question de la perte d’autonomie – et plus généralement celle du vieillissement de la population – interpelle notre société de manière plus profonde. Comment respecter la volonté des personnes âgées, selon qu’elles souhaitent rester à domicile ou acceptent d’entrer dans un établissement ? Peut-on inventer des solutions intermédiaires d’hébergement ? Que faire face à une personne qui refuse les soins ou la nourriture ?

Le magazine Mut’écho, édité par la Mutualité Française, consacre son dernier numéro aux difficultés rencontrées par les familles sous le titre : "Dépendance : la réforme oubliée". Dans un entretien, le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, invite les responsables politiques à "appréhender la question de la perte d’autonomie autrement qu’à travers un prisme exclusivement financier".

Dans la perspective des échéances électorales de 2012, Etienne Caniard plaide pour une "stratégie globale en matière de maintien de l’autonomie". Cela passe par la prévention, l’accompagnement de la personne âgée et des aidants, l’articulation entre le sanitaire et le médico-social, les modes d’hébergement, etc.

La Mutualité Française n’évacue pas, pour autant, la question du financement : "Nous l’abordons aujourd’hui sans tabou avec nos partenaires, notamment syndicalistes, au cours des réunions publiques que nous menons en région", explique Etienne Caniard. Une telle réforme passe, notamment, par un socle fondé sur la solidarité nationale et une meilleure répartition des efforts entre actifs et retraités en prenant en compte les disparités de revenus au sein d’une même génération.

L’intégralité de l’interview du président de la Mutualité Française est à lire dans le numéro de Mut’écho de janvier. Cliquer ici pour en savoir plus.

Pascal Lelièvre