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Publié le 03/10/2007, Dernière mise à jour le 15/11/2007
Patchs, gommes à mâcher, pastilles : en compensant vos besoins habituels en nicotine, les substituts nicotiniques sont de précieux alliés dans votre combat contre la cigarette. Pour mettre toutes les chances de votre côté, un suivi médical est fortement recommandé.
La nicotine est une drogue. Cigarette après cigarette, les fumeurs en deviennent dépendants. Arrêter brutalement de fumer risque de provoquer un syndrome de manque. "Le rôle d’un substitut nicotinique est de remplacer la nicotine inhalée, associée à énormément de substances toxiques, par de la nicotine absorbée sans fumer, explique le Dr Daniel Garélik, tabacologue à l’hôpital européen Georges Pompidou, à Paris. Il existe plusieurs substituts : patchs, gommes, comprimés, pastilles et inhaleur." Objectif : aider l’ex-fumeur à s’habituer à des doses de plus en plus faibles de nicotine jusqu’à pouvoir s’en passer complètement.
"Les patchs, c’est super-efficace, s’enthousiasme Valérie, 42 ans, cadre en ressources humaines. Je l’ai constaté dès le premier jour. J’ai mis un patch un soir à minuit. Au réveil, j’ai ressenti l’envie de fumer, pas le besoin !" La jeune femme a de la chance. Son employeur a proposé à ses salariés un sevrage tabagique avec l’aide d’un tabacologue. C’est l’entreprise qui prend en charge le premier mois de traitement. Accro au tabac depuis vingt-sept ans, elle a tout de suite accepté.
Peur du manque
"Le médecin m’a fait une ordonnance adaptée à ma dépendance, explique la jeune femme. Dans mon groupe, comme je fumais vingt-huit cigarettes par jour, je me suis retrouvée la plus “ patchée ”. Le premier mois, j’ai utilisé deux patchs de 14 milligrammes par 24 heures, puis un patch de 21 milligrammes le mois suivant et un patch de 14 milligrammes le troisième mois. Mais au bout de ces trois mois, je me suis sentie en manque. J’ai eu peur de diminuer le dosage. J’ai poursuivi tout de même deux mois avec 7 milligrammes et je complète mon traitement par des pastilles. J’en ai toujours une boîte sur moi."
Parfois, le patch ne suffit pas. Un besoin ponctuel peut nécessiter un complément de traitement. C’est le rôle des gommes et des comprimés qui libèrent la nicotine, diffusée à travers la muqueuse buccale avant de rejoindre la circulation sanguine. Autre substitut : l’inhaleur ou pseudo-"fume-cigarette", qui contient une cartouche de nicotine sous forme liquide. En cas de pulsion, l’ex-fumeur peut tirer sur son inhaleur et retrouver ses gestes familiers.
Le seul risque, minime, des substituts nicotiniques est la dépendance. Elle ne concerne que les comprimés et les gommes. C’est le cas d’Yves, 49 ans, architecte réseaux chez un opérateur de télécommunications. Il fumait un "bon paquet" par jour depuis trente ans quand il a décidé d’arrêter à cause de son hypertension. Les patchs lui irritant la peau, il s’est tourné, sans avis médical, vers les autres substituts : gommes, pastilles et inhaleur. "Dans les périodes de stress professionnel intense, notamment, j’utilise au minimum huit gommes dosées à 4 milligrammes et une ou deux pastilles par jour, explique-t-il. Mais je les prends depuis deux ans et demi sans pouvoir m’en passer."
Une forte motivation
Un suivi médical de trois mois minimum est pourtant recommandé. "La prise en charge est alors globale : physique, psychologique, comportementale, précise le Dr Garélik. Mais un substitut nicotinique ne résout pas tous les problèmes. Il faut une forte motivation. On n’est jamais complètement guéri d’une dépendance. Je conseille à nos patients de venir nous voir régulièrement." Au cours de ce suivi, le médecin va diminuer les doses toutes les quatre semaines.
Même si la Sécurité sociale rembourse 50 euros par personne et par an, les ex-fumeurs trouvent que les substituts nicotiniques sont chers. Certains, comme Valérie, font de véritables études de marché auprès des officines de leur quartier. "Sur sept pharmacies, j’ai trouvé de grosses différences de prix : de 38,90 à 69 euros la boîte de vingt-huit patches !", précise la jeune femme. Mais elle économise désormais 200 euros par mois en ne fumant plus ! Pour s’encourager à poursuivre son sevrage, elle s’est offert un superbe sac à main au début de son traitement.
Nadine Allain
Les patchs en pratique
| Types de patchs | Utilisation | Dosages | Pour qui ? |
| 16 heures | Du matin au soir | 5, 10 ou 15 mg | dépendance moyenne, femmes enceintes |
| 24 heures | Du matin au lendemain matin |
7, 14 ou 21 mg | forte dépendance avec besoin de fumer dès le réveil |
Collé directement sur la peau, il diffuse régulièrement la nicotine vers le cerveau via la circulation sanguine. Différents dosages existent (cf. tableau). Un milligramme correspond environ à la nicotine apportée par une cigarette. Le médecin fixe le dosage vous convenant le mieux selon vos résultats aux six questions du test de Fagerström évaluant votre dépendance. Si vous continuez d’avoir envie de fumer, il faut revoir votre type de patch avec votre médecin.
Retrouvez le test de Fagerström sur la brochure "J’arrête de fumer", téléchargeable sur le site de l’ Inpes .
De nombreuses mutuelles proposent des garanties qui comportent la prise en charge du sevrage tabagique. Les premières garanties de ce type ont vu le jour dès 1990. Outre le remboursement des patchs, elles prennent souvent en charge gommes, pastilles et autres substituts nicotiniques. Certaines proposent même des consultations pluridisciplinaires d'aide au sevrage tabagique, animées par des tabacologues, diététiciens, psychologues et psychiatres. N'hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mutuelle : son numéro de téléphone figure sur votre carte d'adhérent.
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