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Publié le 28/08/2009, Dernière mise à jour le 28/08/2009

La France a reçu ses premières doses de vaccins contre la grippe A en "quantité limitée", a annoncé Roselyne Bachelot lors de la conférence de presse du 27 août. Les livraisons massives du vaccin, à plusieurs millions d'exemplaires, commenceront à partir de la mi-octobre. Le gouvernement a demandé aux préfets de se préparer à vacciner la population.
"La vaccination contre le virus de la grippe A/H1N1 sera gratuite et non obligatoire", a annoncé la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, aux journalistes réunis en conférence de presse le 27 août. Autre certitude : aucun vaccin ne sera injecté avant d'avoir reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM). Cette autorisation garantit la sécurité des produits de santé. Elle détermine aussi les spécificités de cette vaccination : délai entre deux injections, effets secondaires, efficacité, etc.
Si officiellement la décision de vacciner massivement la population n'a pas encore été annoncée, tout porte à croire qu'elle aura bien lieu à compter de la mi-octobre. Le ministère de la Santé a commandé à cet effet 94 millions de doses début juillet pour un montant de 1 milliard d'euros. Une circulaire a par ailleurs été adressée le 21 août dernier aux préfets de région et de département ainsi qu'aux directeurs des agences régionales d'hospitalisation. Objectif : mettre en place la logistique nécessaire à une vaccination massive. Le gouvernement leur a demandé d'être prêts à lancer cette campagne à partir du 28 septembre prochain. Des stocks de masques et de traitements antiviraux destinés aux malades ont également été constitués par les autorités.
Une stratégie vaccinale qui reste à déterminer
Les détails de la campagne de vaccination seront déterminés "dans les tout premiers jours de septembre" a précisé Roselyne Bachelot. Le gouvernement s'appuiera sur les préconisations du Haut Conseil de la santé publique, chargé de déterminer la stratégie vaccinale. Plusieurs incertitudes demeurent : "Nous ne savons pas encore comment s'échelonneront les livraisons des vaccins, explique la ministre de la Santé. La stratégie de vaccination tiendra également compte de la propagation de la pandémie."
Selon la ministre, plusieurs millions de doses seront disponibles à partir de la mi-octobre, munies de leur AMM. La France a déjà reçu les premiers vaccins, mais en quantité limitée et sans leur autorisation de mise sur le marché. Cet échelonnage va contraindre les autorités à établir des priorités. En premier lieu, seront concernés les 2 millions de professionnels de santé, ainsi que les personnels de secours et de sécurité, soit 1 million de personnes supplémentaires. Les malades qui souffrent d'affections de longue durée (ALD) et les femmes enceintes devraient être ciblés dans un deuxième temps.
Une vaccination en deux doses
La vaccination devrait nécessiter deux doses administrées à deux ou trois semaines d'intervalle. Les personnes de plus de 65 ans n'auraient besoin que d'une seule dose car elles auraient déjà été en contact avec un virus similaire dans le passé. Les vaccins seront livrés dans des flacons comportant plusieurs doses. La campagne pourrait s'étaler sur une période de quatre mois, en fonction des livraisons, des priorités et de l'évolution de la pandémie sur le territoire.
Le ministère de la Santé a commandé des vaccins auprès de quatre laboratoires (Sanofi-Pasteur, Novartis, GlaxoSmithKline et Baxter) : il y aura donc quatre vaccins différents en circulation. Les autorités sanitaires devront assurer la traçabilité de chaque injection afin de surveiller les éventuels effets secondaires et suivre le taux de couverture de la population. Les deux injections devront être réalisées avec le vaccin du même fabricant. A terme, "le vaccin devra être accessible à toute personne qui en fera la demande, explique Roselyne Bachelot. Au-delà de sa propre protection, il y a un intérêt altruiste à se faire vacciner afin de protéger son entourage, notamment lorsqu'un proche présente des facteurs de risque".
Philippe Rémond
Les centres de vaccination seront déterminés par les préfets, à raison d'un minimum de trois centres par département. Il s'agira vraisemblablement de grandes structures publiques, comme les gymnases ou les salles polyvalentes. Les établissements de santé sont exclus de manière à ne pas perturber leur fonctionnement. Des équipes mobiles vont être constituées afin de pouvoir effectuer une vaccination dans les écoles et dans les centres pour personnes âgées ou handicapées. Les injections pourront être réalisées par des médecins, des infirmières et des étudiants en médecine.
Les populations des départements et territoires d'outre-mer subissent actuellement une montée en charge de l'épidémie. Près de 100.000 cas de grippe A y ont été recensés jusqu'à présent, "soit 4% de la population ultra-marine", a précisé la secrétaire d'Etat chargée de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard. Le pic de l'épidémie ne serait pas encore atteint, "sauf peut-être en Nouvelle-Calédonie", indique-t-elle. Dix personnes sont décédées en France, dont deux en métropole. Avec 45 cas pour 100.000 habitants, le seuil épidémique n'a pas encore été franchi dans l'Hexagone, indique l'Institut de veille sanitaire (INVS).
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