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Publié le 05/06/2009, Dernière mise à jour le 09/06/2009
Pathologies cardio-vasculaires, affections respiratoires, diabète, cancer : les maladies chroniques touchent 15 millions de Français. 86% des décès y sont associés dans notre pays. Pour retarder leur évolution, "des maisons de santé permettraient une meilleure prise en charge des malades", a expliqué le Pr Guy Vallancien, chef du service d'urologie à l'Institut mutualiste Montsouris (Paris), lors du congrès de la Mutualité française, le 5 juin à Bordeaux.
Les maladies chroniques sont un véritable "fléau", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces pathologies, comme les affections cardio-vasculaires et respiratoires ou encore le diabète et le cancer, sont la principale cause de "handicap et de mortalité prématurée pour les patients", a expliqué Isabelle Durand-Zaleski, professeure de santé publique à l'hôpital Henri Mondor (Créteil), le 5 juin lors du congrès de la Mutualité de Bordeaux. "En France, 86% des décès sont associés à une maladie chronique."
Une des principales causes de ces pathologies est liée à une mauvaise hygiène de vie : tabac, alcool, alimentation trop grasse, manque d'activité physique, surpoids. L'évolution des maladies chroniques pourrait donc être retardée si l'on mettait en place des mesures de prévention, d'éducation à la santé et d'accompagnement des patients.
Modifier durablement les comportements
Dans certains pays, comme les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, les malades chroniques sont pris en charge dans des centres de santé communautaires. Ils y bénéficient de programmes d'éducation thérapeutique personnalisés et d'accompagnement afin de modifier leurs comportements et leurs habitudes de vie. Des infirmières, en coordination avec des médecins, apprennent aux malades à surveiller leur alimentation, à avoir une activité physique régulière, à arrêter de fumer ou de boire. Cet accompagnement personnalisé et pluridisciplinaire s'inscrit dans la durée, jusqu'à ce que le patient soit en mesure d'y arriver seul.
De véritables communautés de santé
Pour le Pr Guy Vallancien, chef du service d'urologie à l'Institut mutualiste Montsouris, à Paris, la France doit s'inspirer de ces centres "pour créer des maisons de santé qui soient de véritables communautés de santé. Dans ces structures, les soignants s'associeraient pour une meilleure prise en charge du malade." Des équipes médicales, paramédicales et des travailleurs sociaux travailleraient ensemble dans "un lieu unique, relié au centre hospitalier universitaire (CHU) de proximité", a-t-il précisé. "Les professionnels de santé y seraient régulièrement évalués".
Avec son réseau national de 2.200 services de santé et d'accompagnement mutualistes (Ssam), la Mutualité française a une longueur d'avance. Les professionnels qui y exercent sont tous salariés. Dans les maisons de santé, "il faudrait réviser la rémunération des médecins au forfait et non à l'acte", a ajouté Guy Vallancien. Une autre façon bien mutualiste de lutter contre les dépassements d'honoraires !
Ghislaine Trabacchi
"Une maladie chronique est une maladie de longue durée, évolutive, souvent associée à une invalidité et à la menace de complications graves", selon la définition du ministère de la Santé. La France distingue les affections de longue durée (ALD) des maladies chroniques. Mais les ALD ne représentent qu'une partie des maladies chroniques. Ces pathologies, "comportant un traitement et une thérapeutique particulièrement coûteuse", sont inscrites sur une liste établie par décret. Elles donnent lieu à une prise en charge à 100% par la Sécurité sociale pour les seuls soins directement liés à la maladie. Environ 9 millions d'assurés sociaux bénéficient de ce régime.
Améliorer l'accès aux soins sur tout le territoire : c'est l'objectif du Bus de santé, présenté le 5 juin par le Pr Guy Vallancien, lors du 39e congrès de la Mutualité française à Bordeaux. "Il doit permettre de faire de l'information santé, de la prévention et même des actes thérapeutiques, sur les places de marché et jusque dans les fermes les plus reculées, a imaginé Guy Vallancien." "Un tel outil apporterait des soins et de la prévention sans discrimination", a-t-il ajouté.
Depuis le début juin, un Bus santé de ce type parcourt les routes de Picardie. Il a été créé à l'initiative de la Mutualité française et l'union régionale de Picardie. Il dessert les communes sous-médicalisées de cette région pour mener des actions de prévention et de dépistage. Il est exposé au 39e congrès de la Mutualité française à Bordeaux.
Lire notre article " Maladies cardio-vasculaires : reportages filmés dans 3 pays européens"
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