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Accueil > L’actualité > Evénements > Manifestations > Maryvonne Lyazid : "Les enjeux de la dépendance ne se limitent pas à son financement"
Publié le 16/05/2011, Dernière mise à jour le 16/05/2011

Maintenir l’autonomie des personnes âgées ou handicapées : c’est le credo de Maryvonne Lyazid, présidente de la Fédération nationale pour l'insertion des personnes sourdes et des personnes aveugles en France (Fisaf) et adjointe du directeur général de la fondation Caisses d'Epargne pour la solidarité. Elle mettra son expertise au service de la rencontre mutualiste "Dépendance, choisissons la solidarité", le 24 mai à Lyon.
Quels sont les enjeux de la dépendance ?
Maryvonne Lyazid – Je n’aime pas le terme de dépendance. Il renvoie essentiellement à l'approche des poly-pathologies du très grand âge. Or, chacun peut avoir un accident de santé le laissant "dépendant" d’une aide extérieure, même temporairement ! Je préfère donc le terme de "limitation d’autonomie."
Cela posé, les enjeux de la dépendance ne se limitent pas à son financement ! Il faut se demander de quoi ces personnes ont besoin en termes de soins, de compensation du – ou des – handicap, d’accessibilité et d’accompagnement, y compris social. Il s’agit de créer un "panier" de biens et de services adaptés, avant de se demander qui en sont les financeurs potentiels.
Enfin, il faut prendre en compte l’expertise du patient et celle de son entourage, qui vit au quotidien avec lui. Il faut aussi reconnaître l’amplitude du travail des aidants familiaux.
Quelles solutions préconisez-vous pour améliorer l’autonomie ?
Maryvonne Lyazid – Je crois en une approche globale. Mon expérience à la Fédération nationale pour l'insertion des personnes sourdes et des personnes aveugles en France (Fisaf) m’a montré que les déficiences sensorielles ne sont pas l’apanage des personnes âgées. Elles concernent tous les âges de la vie. Il faut se préparer à leur accroissement avec l'allongement de l’espérance de vie et la prévalence des maladies chroniques, dont le diabète, qui peut causer la cécité. Nous avons créé des "plateformes sensorielles" pour aider ces personnes à évaluer leurs besoins et à améliorer leur qualité de vie. Il faut préparer et accompagner la réadaptation, l’organisation de la vie au quotidien avec ce type de handicap.
Qu’attendez-vous de la rencontre du 24 mai ?
Maryvonne Lyazid – Le monde mutualiste me paraît être au cœur des préoccupations actuelles sur la dépendance. Il intervient à la fois en amont, avec la prévention et le maintien du capital santé, et en aval, avec l’idée bien ancrée que le soin n’est pas la seule dimension à prendre en compte. Je trouve très intéressant que la Mutualité Française s’empare de cette question, trop souvent "réservée" aux spécialistes, et fasse en sorte d’y intéresser l’opinion publique !
Propos recueillis par Alexandra Capuano
Portrait de Maryvonne Lyazid réalisé par le photographe Samuel Bollendorff.
La Mutualité invite ses adhérents et ses partenaires à une rencontre intitulée "Dépendance : choisissons la solidarité !". Ce rendez-vous est ouvert aux adhérents mutualistes et se tiendra le 24 mai à Lyon (Rhône), à l'Espace Tête d'or de la ville. Les débats viendront alimenter les propositions de la Mutualité Française en vue des élections de 2012.
Pour vous inscrire, cliquez ici.
Les plateformes sensorielles sont des dispositifs créés par la Fédération nationale pour l'insertion des personnes sourdes et des personnes aveugles en France (Fisaf) avec la Mutualité Française. Il en existe actuellement six en France. L’une des premières du genre, Montéclair, se situe à Angers.
Concrètement, "ce sont des services de soins de suite et de réadaptation (SSR) permettant à des déficients visuels de tous âges, en particulier les adultes, de trouver à la fois un diagnostic ophtalmologique très pointu et un accompagnement global", explique Maurice Beccari, directeur général de la Fisaf. "La dimension du soin ne suffit pas : ces personnes ont besoin d’un soutien psychologique, social, économique, etc. Or, le fait de dissocier le soin proprement dit de l’accompagnement occasionnait une qualité de vie médiocre, en particulier pour les personnes âgées."
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