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Publié le 01/03/2011, Dernière mise à jour le 01/03/2011

Les pouvoirs publics lancent "mars bleu 2011", la nouvelle campagne de mobilisation pour le dépistage organisé du cancer colorectal. Objectif : inciter les plus de 50 ans à effectuer un test tous les deux ans et à en parler avec leur médecin traitant. En 2010, 40.000 personnes ont été touchées par ce cancer.
"Dès 50 ans, c'est le moment" : le nouveau slogan de la campagne de mobilisation "mars bleu 2011" des pouvoirs publics vise à "ancrer le réflexe dépistage dans l'esprit du grand public", selon les vœux de la secrétaire d'Etat chargée de la Santé, Nora Berra. "Nous souhaitons que le dépistage du cancer colorectal entre dans les mœurs, au même titre que le dépistage du cancer du col de l'utérus chez les femmes", lance la secrétaire d'Etat aux journalistes réunis en conférence de presse, le 1er mars, à Paris.
Au programme : un spot télé invitant les personnes de plus de 50 ans à demander un test à leur médecin traitant sera diffusé sur les chaînes de la TNT, du 7 mars au 24 avril. La campagne radio, composée de trois spots, sera quant à elle diffusée du 14 mars au 19 avril. L'Institut national du cancer (Inca) propose également un film d'animation pédagogique, mis en ligne sur Youtube et sur Facebook. Enfin, une campagne sera publiée dans la presse quotidienne régionale, tout au long du mois de mars.
Atteindre 45% de participation
Un an après la généralisation du dépistage du cancer colorectal à l'ensemble du territoire, seule une personne ciblée sur trois (34%) a effectué le test en 2010. "Ce n'est pas suffisant", assène Nora Berra. "Nous visons le seuil de 45% de participation recommandé au niveau européen", avance Françoise Weber, directrice générale de l'Institut de veille sanitaire (InVS). Elle souligne en outre la grande hétérogénéité du dépistage selon les régions et départements. Le taux le plus élevé est ainsi enregistré pour la Bourgogne, avec 52,4% de participation, et le plus faible pour la Réunion, avec seulement 23,5%. C'est dans le département de la Haute-Garonne que la participation est la plus faible, avec 16,4%.
L'enjeu du dépistage organisé : dépister le plus précocement des cancers ou des lésions précancéreuses chez le plus grand nombre de personnes. "Lorsque ces lésions sont détectées suffisamment tôt, le taux de survie à cinq ans est de 90%", rappelle Nora Berra. "Un taux de participation de 50% permettrait une baisse de mortalité du cancer colorectal de 20%", estime Pascale Flamant, directrice générale de l'Institut national du cancer (Inca).
Avec près de 40.000 nouveaux cas en 2010, le cancer colorectal se situe au troisième rang des cancers les plus fréquents en France, derrière ceux de la prostate et du sein. Après le poumon, il représente la deuxième cause de décès par cancer, avec plus de 17.000 décès chaque année. Depuis son lancement en 2003 dans une vingtaine de départements pilotes, puis sa généralisation en 2009, le dépistage organisé du cancer colorectal a permis de dépister 13.500 cancers.
Philippe Rémond
Le film d'animation de l'Institut national du cancer (Inca) :
Françoise Weber, directrice générale de l'Institut de veille sanitaire, Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée de la Santé, Pascale Flamant, directrice générale de l'Institut national du cancer et Didier Houssin, directeur général de la Santé.
Le test actuellement en vigueur de dépistage du cancer colorectal, dit test Hemoccult II®, s'adresse aux hommes et aux femmes de 50 à 74 ans. Il est entièrement pris en charge par l'assurance maladie. Il nécessite une prescription médicale d'un médecin et peut être réalisé à la maison. Il consiste à prélever un petit échantillon de selle sur une plaquette qu'il faut ensuite envoyer pour analyse. Une fois l'échantillon reçu, le laboratoire cherche des traces de sang, invisibles à l'œil nu. 97,3% des tests sont négatifs. Si du sang est néanmoins détecté, le médecin traitant doit alors prescrire une coloscopie pour rechercher une lésion éventuelle.
Dans les années à venir, les tests immunologiques devraient progressivement se substituer aux tests Hemoccult II®. Plusieurs études menées par l'Institut national du cancer (Inca) ont montré une efficacité supérieure des tests immunologiques. Ils permettent notamment de détecter 2 à 2,5 fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus d'adénomes ou polypes avancés. Problème : à l'heure actuelle, la stabilité des échantillons ne dépasse pas 10 jours et serait compromise pour des températures supérieures à 30°C. Des progrès doivent encore être réalisés par les fabricants afin de garantir l'efficacité des tests immunologiques dans le cadre d'un programme national de dépistage.
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