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Publié le 12/03/2009, Dernière mise à jour le 09/09/2009

La 12e journée nationale de l’audition organisée le jeudi 12 mars a pour thème "L’image des appareils auditifs en France". Signe de vieillissement, manque d’esthétique et de confort, coût élevé sont autant de craintes qui freinent l’équipement des malentendants. Les audioprothésistes peuvent pourtant apporter conseils et soutien psychologique afin de dédramatiser le port des aides auditives.
Pour de nombreux Français, porter une aide auditive ne va pas de soi. C’est à partir de ce constat que la 12e journée nationale de l’audition (JNA), qui se tient le 12 mars, a choisi pour thème "L’image des appareils auditifs en France".
Cette manifestation cherche à sensibiliser et informer le grand public sur la perte auditive et les moyens de pallier ce handicap.
En France, environ 6 millions de personnes souffrent de difficultés d’audition, notamment de presbyacousie, c’est-à-dire de perte auditive liée à l’âge. Or, "moins de 15% de malentendants sont appareillés alors qu’ils sont en moyenne 18% en Europe", précise Michel Lemoine, audioprothésiste mutualiste à Angoulême et Cognac (Charente). Comment expliquer qu’il soit parfois si difficile de franchir le pas pour s’équiper ?
L’un des freins est l’image du vieillissement ou la honte de montrer son handicap. A cela s’ajoutent les questions d’esthétique ou de confort. Selon une enquête Ipsos-Malakoff Médéric sur "L’image des appareils auditifs en France", menée dans le cadre de la 12e journée nationale de l'audition, 18% des Français jugent que "ce n’est pas esthétique" et 10% estiment que "cela fait vieux".
"Etre motivé pour s’appareiller"
De nombreuses avancées technologiques ont permis d’améliorer les aides auditives. Malgré ces progrès, l’appareillage est encore un sujet tabou. Pour s’équiper, une consultation chez le médecin ORL est nécessaire. Il diagnostique la perte d’audition et prescrit l’appareillage. Lors d’un premier rendez-vous, l’audioprothésiste reçoit le patient pour évaluer ses besoins d’équipement en fonction du niveau d’audition.
C’est à lui qu’il revient également d’ouvrir le dialogue avec la personne malentendante. "Celle-ci doit avant tout être motivée pour s’appareiller. Il s’agit d’une véritable démarche personnelle", souligne Véronique Guillot, audioprothésiste mutualiste à Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire). "Les patients dramatisent beaucoup le port des aides auditives, nous leur apportons donc du réconfort", observe Michel Lemoine.
S'équiper le plus tôt possible
Par la suite, l’audioprothésiste guide le choix du type d’appareillage : contour d’oreilles ou intra-auriculaires. Si besoin, il prend une empreinte du conduit auditif, règle les appareils et évalue leur efficacité. Plusieurs visites sont nécessaires pour apprendre au patient à utiliser ses aides auditives et à s’adapter à une nouvelle écoute. "Mieux vaut s’équiper le plus tôt possible pour rester en lien avec la vie sociale", conseille Véronique Guillot. On accepte plus facilement un appareillage auditif à 50 ans qu’à 80 ans.
Christophe de La Mure
| Comment choisir un appareil auditif |
| Les aides auditives, ou appareils auditifs, permettent une amélioration de la compréhension de la parole et une bonne perception de l’environnement sonore. Leur efficacité varie en fonction du type de surdité, de la personne appareillée et des conditions acoustiques de l’environnement. Dotées d’un système numérique, elles sont aujourd’hui plus fiables, facilement adaptables et plus confortables que dans le passé. Leur port peut améliorer le confort d’écoute dans le cas d’une déficience auditive légère, pour laquelle la perte de l’audition est comprise entre 20 et 40 décibels (dBA). L’appareillage auditif est obligatoire pour les déficiences sévères (perte auditive de 70 dBA à 90 dBA). Plusieurs types de produit existent sur le marché. L’intra-auriculaire, petit et fabriqué sur mesure, est enfoncé dans le conduit auditif et invisible de l’extérieur. Il ne convient pas aux personnes atteintes de déficiences sévères. Autre aide auditive : le contour d’oreille. Dissimulé derrière l’oreille, il est relié à un embout sur mesure qui se glisse dans le conduit auditif. Cet appareil est efficace dans les ambiances bruyantes. Enfin, le contour "oreille ouverte" est relié à un tube acoustique souple et très fin placé dans le conduit auditif. Cette solution est recommandée pour les surdités légères ou modérées. |
45% des Français considèrent que les aides auditives sont coûteuses et mal remboursées. Tel est le principal constat d’une enquête Ipsos-Malakoff Médéric sur "L’image des appareils auditifs en France", menée dans le cadre de la 12e journée nationale de l’audition (JNA) Cette étude a été réalisée par téléphone en janvier auprès de 955 personnes âgées de plus de 18 ans. Les personnes interrogées évaluent à 750 euros "le prix optimal" pour une aide auditive. En réalité, ces appareils coûtent entre 800 euros et 1.800 euros par oreille. Pour les plus de 20 ans, le remboursement de la Sécurité sociale s’élève à 129,81 euros par oreille. Un forfait annuel de 36,59 euros rembourse les piles et l’entretien. Les mutuelles prennent en charge une partie plus ou moins importante du coût de l’appareillage en fonction des garanties de l’adhérent : en moyenne, cette couverture peut aller jusqu’à 500 ou 600 euros par aide auditive.
Deux tiers des Français ont déjà effectué un test auditif. Les jeunes (81% des personnes âgées de 25 à 34 ans et 77% des 35-44 ans) et les actifs (74%) sont les plus nombreux à avoir effectué cette démarche.
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