Vous êtes dans la rubrique L’actualité
Publié le 07/07/2008, Dernière mise à jour le 20/01/2010

Le centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle de Kerpape, à Ploemeur (Morbihan) accompagne les personnes en situation de handicap tout au long de leur parcours de réinsertion. Une équipe pluridisciplinaire les aide dès la phase active des soins et facilite leur retour à la maison et au travail. Rencontre avec Gilles Rospars, victime d’un accident il y a deux ans. Il a aujourd’hui repris son activité dans le secteur agro-alimentaire.
Prompt à la répartie, Gilles Rospars est acheteur-négociateur pour l’entreprise Sodis, filiale du groupe Even. Située à Plouedern, dans le Finistère, cette coopérative joue le rôle d’intermédiaire entre des entreprises du secteur de l’agroalimentaire et des restaurants. Agé d’une quarantaine d’années, Gilles Rospars travaillait depuis quelques années pour la Sodis quand, en mai 2006, il est victime d’un accident de scooter.
Sa moelle épinière porte des lésions irrémédiables. Quelques semaines après l'accident, il est hospitalisé au centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle (CRRF) de Kerpape. Le CRRF, qui se trouve à Ploemeur, près de Lorient (Morbihan), est géré par la Mutualité française Finistère-Morbihan et dirigé par Jean-Yves Guilloux. C’est là que Gilles Rospars apprend qu’il est atteint d’une paraplégie et qu’il ne pourra plus remarcher.
Un an de suivi à la sortie du centre
Pendant son séjour hospitalier, il entre en contact avec le service de réadaptation et d’insertion sociale et professionnelle (Srisp) de Kerpape. Objectif de ce dispositif : préparer et favoriser le retour au domicile et à l’emploi. Annie Vigouroux, l’assistante sociale, qui fait le lien entre le centre hospitalier et d'insertion, le reçoit.
A cette occasion, elle évalue les conditions d’habitation, les activités professionnelles et la situation financière de Gilles Rospars. Ensuite, la prise en charge par les professionnels du service est organisée : un ergothérapeute du pôle social, spécialisé dans la préparation du retour à domicile, et une conseillère en réadaptation professionnelle travaillent avec Gilles et son employeur afin de préparer sa reprise du travail.
Gilles Rospars est retourné à son domicile en mars 2007, dix mois après son accident. Le suivi de ce patient par l’équipe du Srisp s’est poursuivi en ambulatoire. "Les patients peuvent être accompagnés jusqu’à un an après leur sortie", explique la responsable du Srisp, Pascale Stephan. Il a repris son activité professionnelle deux mois plus tard, en mai 2007.
Installer des portes automatiques
A la Sodis, quatre acheteurs-négociateurs sont installés dans une vaste salle, au rez-de-chaussée du bâtiment. L’accès à l’entreprise, par deux portes automatiques, et la circulation dans les couloirs sont aisés en fauteuil roulant. L’entreprise a d’emblée fait part de son désir de le réintégrer. "Lorsque les employeurs se manifestent pendant la période d’hospitalisation, c’est un très bon signe", indique Marie-Christine Guilgars, conseillère en réadaptation professionnelle.
L'étude de l'entreprise, réalisée en amont par Marie-Christine Guilgars, a montré qu’il fallait changer les portes d’entrée, trop lourdes pour qu’une personne en fauteuil roulant puisse les manipuler. Le dégagement de la circulation dans les couloirs s’est avéré indispensable, puisque cet espace accueillait les photocopieurs. Le changement du mobilier de la salle de réunion a aussi été nécessaire, car il ne permettait pas à Gilles de prendre place autour de la table. Enfin, malgré la date récente de construction de ce bâtiment, les toilettes ont dû être réaménagées, car elles n’étaient pas dimensionnées pour un fauteuil roulant.
Autre condition du retour à l’emploi : la conduite automobile. Gilles Rospars habite à 17 kilomètres de Plouedern, à Loperhet. Il a donc fait l’acquisition d’un véhicule spécifiquement aménagé. Pour s’installer au volant, Gilles bascule le poids de son corps du siège de son fauteuil roulant au siège avant de son véhicule, en prenant appui sur ses bras.
Un véhicule spécialement aménagé
Quand il est à bord, il plie son fauteuil roulant et commande l’ouverture de la porte arrière en pressant un bouton placé sur le tableau de bord. Une fois ouverte, la porte laisse passer un bras mécanique qui vient réceptionner le fauteuil roulant. Gilles peut alors actionner le repli de ce dispositif : le fauteuil se range automatiquement à l’arrière du véhicule. L’opération prend quelques minutes.
Pour la conduite, l’ensemble des commandes est rassemblé autour du volant : accélération et freinage sont à portée de main. Cet apprentissage est enseigné par l’auto-école du Srisp. Un moniteur et une ergothérapeute composent l’équipe. L’évaluation des aptitudes à la conduite est placée sous la responsabilité médicale du Dr Jean-Luc Le Guiet. Ce service dispose de différents types de véhicules adaptés pour favoriser, le plus possible, le retour à l'autonomie.
Mylène Leroy
Le retour au domicile suit une progression étape par étape. Tout d’abord, un ergothérapeute du pôle social effectue un déplacement au domicile du patient. "Il permet de vérifier si les lieux sont accessibles", explique François Mériadec, ergothérapeute. De nombreux points sont à observer : faut-il prévoir du matériel médical, comme un lit médicalisé ? Les proches doivent-ils être formés à l’utilisation de ce type de matériel ? L’intervention d’une infirmière ou d’une aide à domicile est-elle nécessaire ?
Cette démarche initiale permet de préparer la première sortie au domicile, le temps d’un week-end. "A plus long terme, il faut envisager des aménagements architecturaux, ajoute François Mériadec. Cette phase est toujours délicate à aborder car elle signe l’existence du handicap."
Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Vérifiez ici.